J’ai découvert la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCCi) parce que j’avais besoin d’en parler avec d’autres personnes. Je coordonne un programme de sécurité pour les aînés, et le sommeil revenait souvent dans les conversations avec les personnes âgées, en particulier en lien avec la douleur chronique. Dans le cadre d’un projet communautaire, nous avons proposé des ateliers incluant des approches comme le yoga du rire, le yoga nidra, l’art-thérapie, ainsi qu’une courte section sur le sommeil. J’ai utilisé les ressources de mieux-dormir.ca pour construire cette partie de la présentation.
Au départ, j’ai abordé la TCCi comme quelque chose que je devais comprendre suffisamment bien pour pouvoir l’expliquer. Je me suis dit que si j’encourageais les gens à essayer cette approche, je devais l’essayer moi-même. Je n’ai pas commencé parce que je pensais souffrir d’insomnie. En fait, j’aurais dit que je dormais plutôt bien.
Avec le recul, je vois que j’avais simplement fini par accepter un sommeil perturbé. J’ai 52 ans et quatre enfants, et pendant des années mes nuits ont été façonnées par la parentalité, le cododo et le fait de rester au lit aussi longtemps que nécessaire lorsqu’ils étaient petits. Je m’étais adaptée et j’avais fait en sorte que cela fonctionne. Je ne me percevais pas comme quelqu’un ayant un problème de sommeil. J’ai arrêté de boire de l’alcool il y a quelques années et j’ai remarqué que je me sentais mieux la nuit et le matin. Même à ce moment-là, je ne considérais toujours pas mon sommeil comme quelque chose à améliorer.
Ce qui m’a surprise, c’est que je n’ai réalisé que mon sommeil était de moins bonne qualité qu’après avoir commencé à mieux dormir.
Certains aspects de la TCCi m’ont d’abord semblé contre-intuitifs, notamment le fait de passer moins de temps au lit. J’ai retrouvé la même hésitation dans les groupes que j’animais. Les gens connaissaient déjà l’hygiène du sommeil, mais c’était différent. Personne n’aime l’idée de restreindre son sommeil. Plutôt que de rejeter cette approche, nous avons simplement décidé de l’essayer pendant quelques semaines, de suivre les étapes et de voir ce qui se passait.
Pour moi, les changements ont été simples et concrets. J’ai commencé par l’heure du lever. J’ai fixé une heure générale de réveil, autour de 5 h 30 ou 6 h, et j’ai commencé à considérer le matin comme un vrai point de départ plutôt que de rester au lit jusqu’à ce que quelque chose m’en sorte. Si je me réveillais la nuit et que le sommeil ne revenait pas facilement, cela m’a aidée de me lever un moment plutôt que de rester allongée à m’énerver. J’ai aussi remarqué que regarder la télévision au lit, même sur mon téléphone, perturbait mon sommeil.
Le changement le plus important a été le matin. J’ai réalisé que je ne m’étais jamais vraiment levée simplement parce que c’était le matin. Je me levais parce que quelque chose m’y obligeait. Maintenant, je me réveille souvent vers 5 h 30 ou 6 h et je me lève parce que c’est mon moment. Je regarde la lumière changer. Je bois mon café. J’ai moins l’impression de me forcer et davantage celle de m’offrir un matin.
La ménopause a ajouté une autre dimension. Avec le recul, je pense que certains changements précoces étaient mêlés à d’autres facteurs et que je ne les avais pas reconnus. Aujourd’hui, je vois mieux son impact sur mes nuits. Je me réveille souvent trois ou quatre fois avec des bouffées de chaleur, généralement précédées d’une vague d’anxiété, puis de chaleur. Je retire les couvertures, j’attends quelques minutes, puis j’ai froid, je me recouvre et je me rendors.
Ce qui est différent aujourd’hui, ce n’est pas que mon sommeil soit parfait. C’est qu’il est plus fiable. Je m’en inquiète moins. Si j’ai quelques mauvaises nuits, je ne panique pas. Je sais quoi faire. Je peux reprendre ces habitudes et, le plus souvent, remettre les choses sur les rails.
Je comprends aussi la fatigue différemment aujourd’hui. Ce que j’appellerais de la « somnolence » n’est pas toujours un besoin de sommeil. Parfois, c’est de l’épuisement émotionnel ou du stress. Parfois, c’est une fatigue physique et un besoin de ralentir. Ce changement a été important, surtout pendant la ménopause. J’apprends à mieux écouter ce dont j’ai réellement besoin.
S’il y a une chose que j’aimerais que d’autres femmes retiennent de mon expérience, c’est celle-ci : il n’est pas nécessaire de passer sa vie à courir après le sommeil. De petits changements peuvent faire une réelle différence. Un lever plus régulier, moins d’écrans au lit, le fait de se lever quand le sommeil ne vient pas et une meilleure compréhension de ses propres rythmes peuvent tout changer. Pour moi, un meilleur sommeil n’a pas commencé par une révélation majeure. Il a commencé par le fait d’essayer quelque chose dont je n’étais même pas sûre d’avoir besoin, et de découvrir que je me sentais plus reposée, plus confiante et plus apaisée que je ne l’avais imaginé.